Archives de Catégorie: The Prez

Le Président au jour le jour

Un Président en Or

C’est le moment de l’année où les Américains se livrent à l’exercice compliqué de la déclaration de revenu. La Maison Blanche comme les Américains ordinaires y est astreinte. Un document dont la lecture passionne l’Amérique qui lutte pour payer ses traites ou conserver son emploi. Et qui prouve que tous les écrivains ne meurent pas de faim.  


Comme tous les contribuables américains, la famille Obama a rempli sa déclaration de revenus pour l’année 2008.  Les First ont versé aux impôts la coquette somme de $855.323 (un peu plus de 650.000 euros). Il faut dire que l’année passée a été plutôt favorable au couple présidentiel. Il a déclaré des revenus de $2.656,902, une somme qu’il sera difficile d’égaler avec la solde de président: $400.000.  La document révèle également que le président et Michelle Obama ont payé $77.883 au titre des impôts de l’Etat de l’Illinois, dont dépend Chicago, leur ville de résidence. 

Pour la quatrième année consécutive, le principal des revenus des Obama provient des droits d’auteur des deux livres du président, Les Rêves de Mon Père, et L’Audace d’Espérer :$2,4 millions l’année dernière. Les revenus du First Couple, hors droits d’auteurs, ont été de $200.000 (151.000 euros), provenant du salaire de sénateur de Barack et du travail de Michelle à l’hôpital de l’université de Chicago.  La First Lady s’était mise en congé de son travail au début de la campagne de Barack, en 2007, avant de démissionner après son élection.  Barack Obama ayant proposé au Congrès d’augmenter les impôts des Américains dont le revenu est supérieur à $250.000, il se trouverait placé parmi les « bénéficiaires » de cette hausse. A l’heure actuelle, aux Etats-Unis, le taux maximum d’imposition est de 35% _ le taux le plus bas depuis 30 ans _ mais il remontera à 39% en 2010, lorsque la réduction d’impôts décidée par George W. Bush prendra fin. 

Les Obama ont été généreux. Ils ont en effet donné $172.050 à diverses oeuvres de charité, soit près de 6,5% de leurs revenus. Le vice président, Joe Biden et sa femme Jill, ont également publié leur fiche d’impôts. Ils ont déclaré des revenus nettement moins impressionnants: $269.256 et payé $46.952 au Trésor.  Les Biden ont donné à diverses oeuvres $1.885, soit un peu moins d’1% de leur revenu. De peur qu’ils passent pour pingres, la Maison Blanche, sans qu’on ne lui demande rien, s’est empressée de préciser que les Biden avaient donné de l’argent à des oeuvres qui n’étaient pas répertoriées dans leur déclaration. « Ils donnent à leur église et ils contribuent à leurs oeuvres favorites par leur temps aussi bien que par leur chéquier. »  C’est dit. 

C’est après le discours à la Convention Démocrate de 2004 qui a fait exploser le jeune orateur sur la scène américaine que ses revenus ont fait un bond. Entre 2000 et 2004, les revenus totaux du couple étaient en moyenne de $250.000. Confortable, mais pas astronomique. L’année suivante, le revenu imposable du futur couple présidentiel s’envolait: $1,6 millions. En 2007, les droits d’auteur s’élevaient à $4,2 millions.  Barack Obama reste pourtant loin derrière le mari de sa Secrétaire d’Etat. Lorsqu’il a quitté la Maison Blanche, Bill Clinton a reçu une avance de $15 million, un record absolu jusqu’à maintenant.

Crise: Obama Aperçoit des Loupiotes!

A l'université de Georgetown le 14 avril

A l'université de Georgetown le 14 avril

 

 

l’université de Georgetown (D.C.) mardi 14 avril, Barack Obama n’est pas venu distribuer des oeufs de Pâques, ni donner des nouvelles fraîches de son chien. Il a sonné le glas de la crise et exposé les raisons de croire à la vision « grand écran » du renouveau qu’il met en place avec son administration. Il s’est placé dans une dynamique de sortie de crise et si ses mots décrivent de modestes lueurs, elles en sont, selon lui, les jalons certains. Son obsession est de bâtir une nouvelle économie où le domaine financier ne pourra plus métastaser l’activité réelle du Pays. Une nouvelle économie à inventer pour remettre l’Amérique au travail. C’est un changement radical de communication. On peut déceler cinq bonnes raisons d’y croire et parier sur la réussite de la martingale. A-t-on le choix?

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Obama Soulève une Tempête à Notre Dame

En acceptant d’être l’invité de l’université de Notre Dame pour le discours de fin d’année, le 17 mai prochain,et de recevoir un diplôme honoris causa de l’école de droit, Barack Obama n’imaginait pas qu’il allait soulever une véritable tempête, allant jusqu’à la décision de l’évêque de ce diocèse, John D’Arcy, de boycotter la cérémonie. 44th se trouve pris entre deux feux au sein de la communauté des catholiques américains: entre ceux qui affirment que l’université ne doit donner la parole à aucune personne se trouvant en désaccord avec les positions de l’Eglise catholique et ceux qui, au contraire, prônent le dialogue et la confrontation d’idées. 

Les traditionalistes de cette université jésuite de l’Indiana, à une centaine de kilomètres à l’est de Chicago, reprochent à Obama ses positions sur l’avortement et sa décision d’autoriser à nouveau la recherche sur les cellules souches (et d’activer son financement) que son prédécesseur avait interdite au nom de ses principes religieux et pour s’attirer les bonnes grâces des chrétiens conservateurs dont il avait besoin pour gagner les élections. En 2004, la conférence des évêques américains avait voté une résolution demandant que les institutions catholiques n’honorent pas « ceux qui agissent en défiance de nos principes moraux fondamentaux. » 

Plus de 210.000 personnes ont signé la pétition de la Cardinal Newman Society,  une organisation fondée en 1993 pour promouvoir l’enseignement catholique traditionnel sur les campus catholiques aux Etats-Unis, pour demander l’invitation faite au président Obama soit révoquée. La pétition affirme que les positions d’Obama sont « en contradiction avec les enseignements catholiques fondamentaux sur la vie et sur le mariage. »  Malgré la tempête; le président de l’université de Notre Dame a affirmé qu’il n’était pas question de désinviter le président, mais que cette invitation n’était en aucun cas à considérer comme une preuve de soutien aux positions de Barack Obama. 

Lors de l’élection présidentielle, Barack Obama est arrivé en tête dans Saint Joseph county, la circonscription de Notre Dame, avec 17 points d’avance sur John McCain. Au niveau national, les catholiques soutiennent l’action de Barack Obama. 54% d’entre eux ont voté pour le candidat Démocrate et 45% pour McCain. Lors de la précédent élection entre John Kerry et George W. Bush, le résultat avait été exactement l’inverse. 

Plutôt que de s’inquiéter, la Maison Blanche a publié un communiqué affirmant que le président Obama accueillait « le débat et le désaccord sur des questions importantes, » et qu’il ne « s’attendait pas à ce que tout le monde soit d’accord avec lui sur toutes ses positions. »  Même George Bush, dont les valeurs étaient identiques à celles prônées par l’Eglise catholique, avait été chahuté lors de sa venue, en 2001. Les manifestants lui reprochaient sa position en faveur de la peine de mort.

Obama et Ses « Antisèches »

C’est plat, c’est muet, ça disparaît à la demande…c’est?  Un téléprompteur ou plutôt c’était l’un des deux téléprompteurs jumeaux de Barack Obama jusqu’au début du mois d’avril. Placés de chaque côté de la salle, au milieu des journalistes, dans l’objectif des caméras, ces écrans de télé  faisaient défiler ses antisèches (textes et remarques écrites à l’avance)  jusqu’à ce que la Green room et tout Washington ne s’émeuvent de leur présence invasive. Alors d’un coup de baguette magique, le Service de presse les a fait disparaître et renaître au fond de l’East Room sous forme d’un écran unique face au Prez et hors du champ des caméras.

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Harry Truman n’en voulait pas, Eisenhower en était moins que fan, mais tous les Présidents américains ont utilisé le Teleprompteur  contre les trous de mémoire et pour produire les termes exacts décidés à l’avance, face au Troisième Pouvoir qui scrute et analyse chaque mot jusqu’au cauchemar. Lire la suite

Les Hommes du Président

Bill Clinton avait une relation hypnotique avec eux. George Bush, par réaction, s’en méfiait un peu, mais son conseiller, Karl Rove, y avait recours six fois par an, de manière très extensive. Barack Obama commence à s’y mettre. Celui qui avait affirmé, pendant la primaire de l’Iowa, qu’il guiderait le pays « non avec des sondages, mais avec des principes, » à la différence de ses deux prédécesseurs, a discrètement fait appel à trois spécialistes des sondages d’opinion.

Mais, à la différence de Clinton ou de Bush, Obama n’utilise pas les sondages pour dire aux Américains ce qu’ils veulent entendre ou bien pour mesurer sa popularité. Plutôt, le président utilise cet outil pour tester le meilleur moyen de « vendre » sa politique. Par exemple, Barack Obama a fait tester les mots « recovery » (redémarrage) et « reinvestment » à la place du mot « stimulus » qu’il a utilisé pour vendre son plan de relance économique. Ces sondages lui ont permis de constater que, pour les Américains, son budget est vu comme faisant partie de ce package de relance, ce qui donne à Obama plus de poids pour le faire passer devant le Congrès.

La Maison Blanche sonde à un rythme d’un peu moins d’une enquête par semaine. Joel Benenson et Paul Harstad sont des sondeurs classiques. Benenson a par exemple, travaillé pour l’introduction d’un nouveau produit par Procter & Gamble, mais tous les deux sont étrangers à la culture de Washington. Benenson est basé à Boulder, dans le Colorado. David Binder, le 3è homme, est basé à San Francisco.  Il sonde l’Amérique profonde pour prendre le pouls du pays sur des sujets comme la santé et l’énergie.

Les trois hommes ont travaillé pour la campagne présidentielle de Barack Obama. Benenson est un proche de David Axelrod, le stratège d’Obama 08. Pendant la campagne, il était l’un de ceux qui avaient accès direct avec le candidat, grâce à sa relation avec Axelrod. Aujourd’hui, tous les sondages passent par le filtre d’Axelrod, qui en tire les enseignements. Le président ne le étudie pas lui-même, à la différence de Bill Clinton, qui les étudiait de manière compulsive.

Joel Benenson est le plus atypique des trois « pollsters » (sondeurs). Cet ancien journaliste du New York Daily News, l’un des deux tabloids de New York, a commencé sa carrière dans la distribution de la bière. C’est en 1994 qu’il quitte le journalisme pour travailler à la réélection de Mario Cuomo, le gouverneur de l’Etat de New York. Durant la campagne, Benenson a été le premier à mettre en garde Obama contre deux idées reçues: que l’expérience serait l’avantage de Hillary Clinton (alors que le désir de changement de l’électorat était nettement plus fort), et que John McCain était une « marque » bien identifiée ». Obama a renversé cette croyance en présentant son adversaire comme l’héritier de George Bush contrôlé par les lobbies.

L’Oncle d’Amérique

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Tout le monde se demandait quelle surprise Obama allait réserver à la Queen.  Lors de la visite du premier ministre britannique à Washington, le mois dernier, le président n’avait pas exactement fait preuve de créativité. Il avait offert à Gordon Brown quelques DVD. Qu’allait-il offrir à Elizabeth II ? Depuis quelques jours, la presse anglais se moquait de la pingrerie du président américain.

Qu’a-t-il offert ? Un cadeau très cool: un iPod

Pas de heavy metal dans cet iPod.  Plutôt, des images et des vidéos du voyage de la reine aux Etats-Unis en 2007. Barack Obama a également offert un rare livret du librettiste Richard Rodgers, moitié du duo qu’il formait avec Oscar Hammerstein, dont les compositions font partie des grands succès de Broadway (Oklahoma, The Sound of Music).  La reine, elle, a offert au couple présidentiel le cadeau qu’elle réserve à tous ses visiteurs: un portrait signé, dans un cadre en argent. Un cadeau qui fera plaisir à Sasha et Malia.

Obama en Europe: Drôle de Trip

Barack et Michelle Obama, pulsés par leur formidable popularité , arrivent à Londres ce soir. C’est le début d’une équipée frénétique de dix jours à travers toute l’Europe, y compris la Turquie, très différente de celle que les présidents américains ont l’habitude de faire chez leurs lointains cousins. Disons-le,  ils déboulaient, le plus souvent, en prêcheurs d’un Paradis dont ils avaient seuls les clefs mais consentaient à partager les recettes. La crise a tout bouleversé, et en premier aux U.S.  L’Europe méfiante attend de pied ferme, un Président Obama  à l’écoute de ses problèmes.

Entre l’Europe et l’Amérique les choses ont changé. Le « capitalisme sauvage » et le « libéralisme à tous crins » sont devenus des gros mots qu’on n’ose plus prononcer. Si la guerre vue par Bush n’est plus de saison (les troupes d’Irak vont commencer à rentrer), celle d’Afghanistan définie par Obama  comme stratégique  contre le terrorisme, n’inspire pas aux  pays visités d’envie particulière d’envoyer des soldats. Et ce n’est qu’un des sujets de tension qui vont faire l’actualité pendant ce long séjour. Le New York Times, parmi les journaux américains, présente une vision de ce voyage sans illusion. Lire la suite