Obama et les Maîtres-Chanteurs

 

C’est une partie de bras de fer qui se joue en ce moment entre la Maison Blanche et les Républicains au Congrès. La Maison Blanche a rendu public, le 2 avril, neuf mémorandums jusqu’ici secrets de George Bush justifiant l’extension des pouvoirs de l’exécutif pour combattre le terrorisme. Mais la publication de ces notes a ouvert un autre débat: faut-il nommer une commission d’enquête parlementaire sur l’utilisation de la violence et de la torture contre les « ennemis combattants », autorisée par George Bush et son équipe, mais aussi sur la surveillance des Américains par leur gouvernement ? 

La publication de ces documents, plus la découverte de la destruction par la CIA de 92 vidéos d’interrogatoires, a agi comme une décharge électrique chez les Démocrates. Le très puissant John Conyers, président de la commission judiciaire à la Chambre des Représentants, pousse pour l’ouverture d’une commission d’enquête qui pourrait forcer les anciens responsables de l’administration Bush à venir témoigner devant elle, avec le risque d’éventuelles poursuites judiciaires.  Mais aussi, selon les anciens de l’équipe Bush, le risque pour ceux qui seraient amenés à témoigner et à produire des documents incriminants, d’être poursuivis par des détenus devant des tribunaux étrangers. L’Espagne, par exemple, prépare des poursuites criminelles contre deux des auteurs de ces mémos donnant des justifications légales à la pratique du « waterboarding » (la noyade), entre autre, après la détention de cinq de ses ressortissants à Guantanamo. 

La pression pour ce que certains appellent déjà une « Commission sur la vérité de l’époque Bush« , un nom qui évoque les commissions de réconciliations après l’apartheid en Afrique du Sud, est très forte dans l’opinion publique. Selon un récent sondage USA Today/Gallup, plus de 62% des Américains souhaitent que toute la lumière soit faite sur la torture, les écoutes illégales et toutes les autres pratiques considérées par nombre d’éminents juristes comme des viols de la Constitution.  Patrick Leahy, qui préside la commission sur les questions de justice au Sénat, a fait savoir qu’il allait demander le vote d’une résolution sur le projet d’enquête ce mercredi. 

Le président Obama est embarrassé par cette affaire. D’un côté, il a fait de l’ouverture du gouvernement aux citoyens et de sa transparence un des axes fondamentaux de sa campagne et de sa présidence. Il a également demandé la fin de toutes les pratiques illégales initiés par son prédécesseur et la fermeture de Guantanamo. Mais en même temps, il a dit être « plus intéressé de regarder devant nous que derrière, » tout en ajoutant que personne n’était au dessus des lois. La torture entre, selon la Convention de Genève, dans la catégorie des « crimes contre l’humanité ».  

Pour contraindre Barack Obama à résister à la désignation d’un Special prosecutor ou bien d’une commission d’enquête, bien que, selon la Constitution, ce pouvoir appartienne au législatif, les Républicains se sont lancés dans une sorte de chantage. Ils ont fait savoir qu’ils refuseraient de voter pour la confirmation des membres importants du cabinet Obama qui attendent encore un vote sur leur sort. La balle est désormais dans le camp de Barack Obama.

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