Les Hommes du Président

Bill Clinton avait une relation hypnotique avec eux. George Bush, par réaction, s’en méfiait un peu, mais son conseiller, Karl Rove, y avait recours six fois par an, de manière très extensive. Barack Obama commence à s’y mettre. Celui qui avait affirmé, pendant la primaire de l’Iowa, qu’il guiderait le pays « non avec des sondages, mais avec des principes, » à la différence de ses deux prédécesseurs, a discrètement fait appel à trois spécialistes des sondages d’opinion.

Mais, à la différence de Clinton ou de Bush, Obama n’utilise pas les sondages pour dire aux Américains ce qu’ils veulent entendre ou bien pour mesurer sa popularité. Plutôt, le président utilise cet outil pour tester le meilleur moyen de « vendre » sa politique. Par exemple, Barack Obama a fait tester les mots « recovery » (redémarrage) et « reinvestment » à la place du mot « stimulus » qu’il a utilisé pour vendre son plan de relance économique. Ces sondages lui ont permis de constater que, pour les Américains, son budget est vu comme faisant partie de ce package de relance, ce qui donne à Obama plus de poids pour le faire passer devant le Congrès.

La Maison Blanche sonde à un rythme d’un peu moins d’une enquête par semaine. Joel Benenson et Paul Harstad sont des sondeurs classiques. Benenson a par exemple, travaillé pour l’introduction d’un nouveau produit par Procter & Gamble, mais tous les deux sont étrangers à la culture de Washington. Benenson est basé à Boulder, dans le Colorado. David Binder, le 3è homme, est basé à San Francisco.  Il sonde l’Amérique profonde pour prendre le pouls du pays sur des sujets comme la santé et l’énergie.

Les trois hommes ont travaillé pour la campagne présidentielle de Barack Obama. Benenson est un proche de David Axelrod, le stratège d’Obama 08. Pendant la campagne, il était l’un de ceux qui avaient accès direct avec le candidat, grâce à sa relation avec Axelrod. Aujourd’hui, tous les sondages passent par le filtre d’Axelrod, qui en tire les enseignements. Le président ne le étudie pas lui-même, à la différence de Bill Clinton, qui les étudiait de manière compulsive.

Joel Benenson est le plus atypique des trois « pollsters » (sondeurs). Cet ancien journaliste du New York Daily News, l’un des deux tabloids de New York, a commencé sa carrière dans la distribution de la bière. C’est en 1994 qu’il quitte le journalisme pour travailler à la réélection de Mario Cuomo, le gouverneur de l’Etat de New York. Durant la campagne, Benenson a été le premier à mettre en garde Obama contre deux idées reçues: que l’expérience serait l’avantage de Hillary Clinton (alors que le désir de changement de l’électorat était nettement plus fort), et que John McCain était une « marque » bien identifiée ». Obama a renversé cette croyance en présentant son adversaire comme l’héritier de George Bush contrôlé par les lobbies.

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