Obama en Europe: Drôle de Trip

Barack et Michelle Obama, pulsés par leur formidable popularité , arrivent à Londres ce soir. C’est le début d’une équipée frénétique de dix jours à travers toute l’Europe, y compris la Turquie, très différente de celle que les présidents américains ont l’habitude de faire chez leurs lointains cousins. Disons-le,  ils déboulaient, le plus souvent, en prêcheurs d’un Paradis dont ils avaient seuls les clefs mais consentaient à partager les recettes. La crise a tout bouleversé, et en premier aux U.S.  L’Europe méfiante attend de pied ferme, un Président Obama  à l’écoute de ses problèmes.

Entre l’Europe et l’Amérique les choses ont changé. Le « capitalisme sauvage » et le « libéralisme à tous crins » sont devenus des gros mots qu’on n’ose plus prononcer. Si la guerre vue par Bush n’est plus de saison (les troupes d’Irak vont commencer à rentrer), celle d’Afghanistan définie par Obama  comme stratégique  contre le terrorisme, n’inspire pas aux  pays visités d’envie particulière d’envoyer des soldats. Et ce n’est qu’un des sujets de tension qui vont faire l’actualité pendant ce long séjour. Le New York Times, parmi les journaux américains, présente une vision de ce voyage sans illusion.

 Chaque étape semble un nid à problèmes et résistances:

 le G20 : Aucun pays d’Europe ou d’ailleurs n’a la possibilité ni l’intention d’augmenter ses dépenses publiques pour « restaurer une croissance mondiale ». Et c’est le modèle américain qui, depuis le fiasco de sa propre place financière, inspire les craintes les plus sérieuses.

 l’OTAN: Les pays membres ont déjà été clairs sur leur refus d’envoyer des troupes en Afghanistan et il est plus que probable qu’elles ne leur seront plus demandées.

La façon d’aborder  les contacts avec l’Iran demeure encore floue et ce voyage ne devrait pas permettre d’aller loin. Il faudra s’en remettre aux entretiens bilatéraux avec la Chine et la Russie pour tester le pouvoir réel des US sur ce dossier.

Le séjour en Turquie divise les Européens  et leurs opinions nationales sur le thème de l’appartenance ou non de ce pays à l’entité européenne. Or c’est une base stratégique pour les US.

On ne peut parler de ce voyage sans évoquer l’énorme  curiosité des personnes à « voir pour de vrai » les Obama. Mais aussi les quartiers bouclés à Prague ( hotline renseigne en permanence); les manifestations importantes à Strasbourg, siège de l’OTAN, contre la guerre en Afghanistan et à Istanbul…

C’est donc l’homme neuf qui fera la différence. Pas le Sauveur. Il a tant à dire sur tout ce qu’il a déjà mis en place aux US  dont le stimulus économique. Mais il sera reçu avec méfiance et seul son charisme personnel lui permettra peut-être de convaincre les Européens qu’il est l’homme de parole que les Américains ont élu le 4 novembre. Et que, dans la tempête,  si on est tous dans la même barque, mieux vaut ramer dans le même sens pour  essayer de s’en sortir.

Quelle image forte restera de ce voyage? Parions sur la tasse de thé que prendront ensemble Michelle Obama et La reine Elizabeth II! 

obama-in-europe

Les voyages présidentiels 

Depuis Thomas Jefferson, ministre des tous jeunes Etats-Unis et futur président, les présidents américains font régulièrement le voyage vers le Vieux Monde, comme dirait Rumsfeld, le Secrétaire à la Défense de Bush fils. Sans remonter au temps des dinosaures, un mois après son élection, il y a 40 ans, Richard Nixon a traversé l’Atlantique sans but précis. C’était une sorte de tour de piste de l’Imperator. Berlin, Bonn, Bruxelles, Paris, Londres et Rome. But de ce voyage: faire monter sa cote aux Etats-Unis en apparaissant comme un grand de la diplomatie mondiale. Avant lui, John Kennedy, en 1962, avait séduit un général de Gaulle pourtant peu sensible au charme américain. Lors de ce voyage, JFK avait prononcé la phrase célèbre: « Vous ne me connaissez pas. Je suis l’homme qui accompagne Jackie Kennedy. »  Le Texan Lyndon B. Johnson, préférait son ranch aux paysages d’Europe. Parfois, ces voyages peuvent se retourner contre le voyageur. Bill Clinton, candidat à l’élection présidentielle de 1992, faisait sans cesse référence à Bush père que l’on voyait plus souvent en voyage qu’à s’occuper de l’économie qui n’était alors pas brillante. Lorsque Ronald Reagan a visité le cimetière de Bitburg, en Allemagne, où d’ancien nazis étaient enterrés, l’affaire fit grand bruit. Mais Mike Deaver, son responsable de la communication, avait vu tout le parti esthétique et symbolique qu’il pouvait tirer des photos de Reagan devant les milliers de croix blanches des cimetières américains de Normandie.  J.S.S.

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