Signe des temps

Barack Obama a-t-il, oui ou non, mal reçu Gordon Brown, tout en lui réaffirmant les liens d’amitié entre les Etats-Unis et le Royaume Unis. Cette affirmation de l’amitié ressemble-t-elle au baisers des maffieux avant une exécution ? Washington ne bruisse depuis deux jours que des tentatives de décryptage de la visite Brownienne à Washington, pendant qu’Hillary est sur la route, petite valise de représentante de la diplomatie U.S.  (Il y a d’ailleurs du monde sur les route, en ce moment. Pourvu qu’elle ne se butte pas dans Dennis Ross et George Mitchell au Moyen Orient, et Richard C. Holbrook en Afghanistan).

Tout est, à Washington encore plus qu’ailleurs, une histoire de signes.  Barack Obama ayant passé une partie de son enfance, en Indonésie, il est soupçonné, sans doute à raison, de vouloir réorienter la politique extérieure des Etats-Unis vers l’Asie au détriment de l’Europe. Tout commence donc par deux mots du porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs. Celui-ci, lors d’une conférence de presse, fait remarquer que la visite du Premier Ministre anglais sera l’occasion de réaffirmer un « partenariat privilégié » (special partnership), et non une « relation spéciale » (special relationship), formule plus chaleureuse indiquant un plus grand degré de proximité. 

Comme si cela ne suffisait pas, d’autres éléments viennent s’ajouter à ces deux mots: pas de drapeaux derrière Barack Obama et Gordon Brown lors de la conférence de presse. Celle-ci ne commence pas par une introduction plus chaleureuse et informelle. Pas de dîner formel à la Maison Blanche ou une soirée de gala. Pas non plus d’invitation à dormir dans la résidence présidentielle, comme ses prédécesseurs. Pour le Premier ministre en difficulté chez lui, une réception chaleureuse pourrait avoir le mérite de lui transférer un peu de l’aura de 44th, et peut-être de lui conférer un peu de capital politique pour les futures élections. Mais une relation trop proche est également négative: le Royaume Unis est alors vu par certains comme le caniche de l’Amérique.

Alors que Gordon Brown était quelque part au dessus de l’Atlantique, la Maison Blanche a publié un étrange communiqué de presse, espérant ainsi mettre fin aux spéculations qui agitent le bocal washingtonien. Verbatim: « Le président a appelé le Premier Ministre Brown à approximativement 15 heures. Durant cet appel qui a duré à peu près 10 minutes, le Président à félicité le Premier Ministre  pour son discours devant le Congrès et a exprimé sa satisfaction pour une visite très productive. Le Président a également remercié pour les cadeaux qui lui ont été présentés: un porte plume taillé dans le bois du HMS Gannett (…) et une première édition de la biographie de Winston Churchill. Le Président a noté que le porte plume est posé sur le bureau du Bureau Oval, et que les livres sont dans le bureau privé du président, à côté du Bureau Oval. »  C’est ce qui s’appelle mettre les points sur les i et les barres sur les t. 

Pour être absolument certains que l’on avait bien compris, certains membres de l’administration ont souligné que la visite du successeur de Tony Blair avait comporté quatre éléments : la rencontre dans le Bureau Oval, un déjeuner de travail, le président qui a raccompagné Gordon Brown jusqu’au Portique Sud de la résidence officielle, et une rencontre entre Michelle Obama et Sarah Brown. 

Que ceux qui n’ont pas compris lèvent le doigt.

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